Traque aux polluants autour de Clarebout

Pompe à particules fines et analyseur d'air en continu mis en place par HVS à Frameries
Pompe à particules fines et analyseur d’air en continu installés par HVS à Frameries

Des capteurs ont été placés chez les habitants proches du site Clarebout à Frameries. HVS va traquer les éventuels polluants émis par le géant de la frite… Ou par toute autre activité, d’ailleurs.

Les activités de Clarebout Potatoes à Frameries – hangars de conservation des pommes de terre et congélateur industriel – polluent-elles l’air du voisinage ? Ma commune de Frameries a demandé à HVS (Hainaut Vigilance sanitaire) de surveiller la qualité de l’air. Et HVS y met les moyens.

Ammoniac et chloroprophame

Jauges de précipitation installées par HVS à Frameries
Jauges de précipitation installées par HVS à Frameries

Pol Bouviez (HVS) a rencontré une délégation de riverains avant de déployer le dispositif d’analyse chez deux d’entre eux. “Les riverains ont exprimé deux craintes principales, sur deux polluants susceptibles d’avoir un impact sur leur santé. “Tout d’abord, l’ammoniac, présent sur le site en grande quantité pour le fonctionnement des frigos. Ensuite, les pesticides employés pour cultiver les pommes de terre et qui peuvent se retrouver dans les hangars ainsi que les produits phytosanitaires utilisés pour leur conservation comme le chloroprophame, un antigerminatif.”
“Nous avons mis en place un dispositif de contrôle, avec des instruments assez lourds”, poursuit Pol Bouviez. “Les jauges de précipitation sont destinées à recueillir les particules qui retombent au sol après avoir été emportées par le vent.”

“Elles récupèrent l’eau de pluie. On les relève tous les 28 jours. L’analyseur d’air en continu, lui, destiné à détecter l’ammoniac, enregistre une mesure tous les quarts d’heure. Il a déjà passé une première période de trois jours à un endroit; maintenant nous l’avons déplacé chez l’autre riverain.”

Chez deux riverains, pendant des mois

Deux riverains ont en effet été sélectionnés pour accueillir les instruments de mesure dans leurs jardins, en fonction de leur position par rapport à Clarebout et de la direction des vents dominants. L’un est dans le nouveau lotissement à Frameries, l’autre à la limite de Cuesmes. Les appareils devraient rester en place pendant plusieurs mois, jusqu’en juin, estime Pol Bouviez : c’est nécessaire pour pouvoir observer l’évolution de la qualité de l’air et aussi pour en identifier les causes. Car elles peuvent être multiples, prévient-il. Ainsi, le lisier épandu comme engrais sur les cultures produit de l’ammoniac. Et à certaines saisons, les agriculteurs pulvérisent leurs champs de différents produits phytosanitaires.

203 pesticides recherchés !

Aux jauges de précipitation et à l’analyseur d’air en continu s’ajoute un troisième appareil, qui sera enclenché de manière aléatoire une fois par mois : “c’est une autre pompe, qui récolte les particules en suspension dans l’air sur un filtre”, explique Pol Bouviez. “Ces poussières seront analysées pour y détecter la présence éventuelle de produits phytosanitaires. Nous n’allons pas nous contenter de rechercher le chloroprophame, nous allons procéder à un screening très large, une analyse sur 203 pesticides différents.”

HVS réalisera également des tests d’écotoxicité, qui permettent de montrer le caractère nuisible d’un “cocktail” d’éléments qui, pris séparément, auraient été considérés comme inoffensifs.

Corinne Toubeau, journaliste
La Province (26/11/2019)

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2 réponses sur “Traque aux polluants autour de Clarebout”

  1. La lecture de cet article nous fait vous poser la question suivante :

    Vu la fréquence des nuisances olfactives dénoncée par les Warnetonnois, notre administration communale pourrait-elle aussi demander à HVS (HAINAUT VIGILANCE SANITAIRE) d’installer de tels capteurs à Warneton ?

  2. Dans l’entité cominoise, les nuisances causées par l’usine Clarebout Potatoes sont dénoncées par des riverains depuis des années… et beaucoup s’inquiètent, comme dernièrement à Deûlémont, des conséquences sur la santé des fumées dégagées par l’usine warnetonnoise.

    « Intéressant » pour la bourgmestre cominoise
    Des capteurs identiques à ceux installés à Frameries (B) pourraient sans difficulté être posés de la même manière à Warneton (B). « Ils (les élus, ndlr) n’y ont sans doute pas pensé », réagit Pol Bouviez.

    La bourgmestre cominoise, Alice Leeuwerck, juge en tout cas cette expérience menée à Frameries (B) « très intéressante. Des études olfactives et sonores ont déjà été menées par le passé mais toutes les mesures qui vont dans le sens de la protection de l’environnement sont bonnes à prendre alors, pourquoi pas ? ». Il ne reste plus qu’à passer des paroles aux actes.

    Source : La Voix du Nord – 29/11/2019

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