Warneton (B) : le projet d’extension d’une porcherie suscite questions et inquiétudes

Ferme porcine Taveirne
Ferme porcine de Taveirne SA

Une réunion publique a été organisée jeudi soir à Comines (B) dans le cadre d’une étude d’incidences d’un projet de rénovation-extension d’une porcherie chemin des Alliés.

Cette étude, réalisée par un bureau indépendant, rentre dans le cadre de la réalisation d’une étude d’incidences sur l’environnement relative à un projet de rénovation complète et d’extension d’une exploitation d’engraissement de porcs. L’objectif de Guy Taillieu, propriétaire de l’exploitation : porter la capacité d’accueil total du site à 7 000 cochons.

Au chemin des Alliés

Cette réunion avait pour but de mettre en évidence des points particuliers qui pourraient être abordés dans l’étude d’incidences et de présenter des alternatives techniques pouvant être envisagées par Guy Taillieu. Le lieu d’implantation des porcheries est situé chemin des Alliés, à Warneton. Les interrogations soulevées lors de la réunion étaient surtout liées aux problèmes environnementaux et olfactifs. « Nous faisons une évaluation moyenne des gaz à effet de serre émis. Au niveau des particules fines, on étudie les dépôts d’ammoniac, on regarde les poussières », explique la représentante du bureau d’études.

« Quand on parle de cochon, on dit que ça pue », a commenté un habitant cominois. Les biofiltres atténuent les odeurs, mais doivent être entretenus pour être constamment efficaces. La dévalorisation des habitationssituée près de ce genre d’activité a été évoquée. Mais il a été précisé que la Région wallonne ne prend pas en ligne de compte cette donne. Guy Taillieu a assuré lors de la réunion qu’il y aurait moins d’odeurs avec l’aménagement de sa porcherie.

Des observateurs ont pointé le risque de voir le paysager être impacté par ce projet d’extension : « On se trouve dans un endroit où il y a du tourisme de mémoire lié à la Première Guerre mondiale. Nous nous situons près de la colline de Messines et de la Tour de la Paix. » La réalisation d’un paysager a été évoquée pour embellir les contours de la porcherie

Le projet de Guy Taillieu représente une superficie totale de 10 520 m2. Il comprend le hangar et la porcherie.

Source : LA VOIX DU NORD – 3/02/2020

Note :

a) Selon une enquête publiée dans Le Vif/L’Express du 26/04/2018, la ferme porcine qui a émis le plus d’ammoniac en Belgique en 2015 (105 tonnes) est l’élevage à Ploegsteert de Taveirne SA.
Taveirne a déclaré trois installations IPPC auprès du SPW : l’une pour 10 100 porcs à Ploegsteert, la deuxième pour 7 848 porcs sur son site de Warneton et la troisième pour 6 965 porcs, à Comines – soit près de 25 000 porcs destinés à l’engraissement, en plus du reste du cheptel. Dans un permis de
2017, octroyé pour le site de Ploegsteert, Taveirne s’engageait à coupler à la construction de nouvelles porcheries, un système de traitement de l’air qui réduirait les émissions d’ammoniac à neuf tonnes par an – soit en dessous du seuil de reporting de l’E-PRTR (European Pollutant Release and Transfer Register).
Le deuxième élevage wallon le plus polluant en ammoniac, avec 46,6 tonnes en 2015, est voisin de Taveirne SA : la Société de la Munque SA, elle aussi localisée à Ploegsteert.
Le Conseil wallon de l’environnement pour le développement durable avait alors remis un avis consultatif qui déplorait ” les concentrations trop élevées de nitrates dans les eaux souterraines (moyenne de 90 mg/l avec pics de 176, 205, 285 mg/l). ” La concentration maximale légale est de 50 mg/l. D’autre part, la Société de la Munque s’engageait, dans le cadre de l’obtention du permis, à bâtir ” une nouvelle porcherie équipée d’un traitement d’air ” pour 6 900 porcs d’engraissement et 1 500 porcelets – un projet qui sera revu à la baisse, avec 3 276 porcs et 1 500 porcelets acceptés par la cellule IPPC, qui notera : ” Le projet doit être revu en ce qui concerne notamment les moyens ou techniques de limitations des émissions atmosphériques.”
De plus, quatre autres élevages porcins établis à Comines-Warneton sont repris dans l’E-PRTR, (…) :
– Germain Bordeau (27,7 tonnes d’ammoniac émises en 2015),
– Wivine Taillieu (20,3 tonnes),
– Luc Luyssen (17,6 tonnes) et
– Marc et Steven Deprez (16 tonnes).

b) Selon La Voix du Nord du 18/09/2016 (…) Chez Bourgeois (Houthem), de 48 000 l’on veut passer à 78 000 poulets, soit plus 66 % de plus. Dans l’entreprise Taveirne (Ploegsteert / Warneton / Ten Brielen), on souhaite passer de 21 000 à 29 000 porcs, soit une augmentation de 36 %. Chez
Delefortrie (Ploegsteert), de 5 000 porcs autorisés l’on espère atteindre 10 000 porcs.

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