Écologie de façade. Le gouvernement réintroduit les insecticides tueurs d’abeilles

Epandage pesticides néonicotinoïdes fongicides
Photo : Pixabay

Sous la pression des lobbys de cultivateurs de betteraves qui font face à une épidémie de jaunisse virale, le gouvernement a décidé de ré-autoriser un insecticide néonicotinoïde “tueurs d’abeilles”. Une décision qui dévoile la nature de ce gouvernement qui prétendait opérer un tournant écologique il y a un peu moins d’un mois.

Véhiculée par des pucerons verts, les champs agro-industriels de betteraves sont touchés depuis le début de cet été par une épidémie viral de jaunisse qui peuvent entraîner des baisses de rendement de 30 à 50%. Face à cette épidémie, le puissant syndicat des cultivateurs de betteraves affilié à la FNSEA a obtenu la dérogation pour de nouveau épandre des insecticides dits “tueurs d’abeilles” interdit depuis septembre 2018 pour protéger les abeilles pollinisatrices. La France étant le premier producteur de sucre en Europe grâce à la betterave sucrière ; la puissante filière agro-industrielle dont les profits se comptent en milliards d’euros par an, craint pour la production de cette année.

La principale crainte des scientifiques et écologistes à travers cette réintroduction des pesticides néonicotinoïdes est une inertie de contamination des sols car jusqu’à 98 % des doses appliquées sur les graines, selon des données industrielles – reste, dans les sols, où ils peuvent s’accumuler et contaminer, plusieurs années durant, les cultures ultérieures, ou encore les plantes sauvages poussant aux abords des parcelles dont nos abeilles raffolent.

Cette épidémie qui touche les betteraves démontre les limites des monocultures intensives qui n’offrent plus de prédateurs naturels aux insectes nuisibles tels que les pucerons verts. En effet, les betteraves cultivées selon le cahier des charges de l’agriculture biologique semblent beaucoup moins voir pas, touché par la jaunisse comme nous l’indique, Loïc Tridon, chargé d’études au sein de l’organisation régionale de l’agriculture bio (Bio en Hauts-de-France) pour [Le Monde du 6 août 2020] : “les parcelles de betteraves bio de la région ne sont presque pas concernées par ce problème”.

Les autres filières agro-industriels compte bien profiter de la brèche ouverte par la filière betteravière pour elles-aussi, déroger à l’interdiction des néonicotinoïdes. En effet les producteurs de maïs ont eux aussi exprimer leur volonté de déroger à l’interdiction des néonicotinoïdes.

Cette décision intervient après une année marquée par l’émergence d’un mouvement écologique fort au sein de la jeunesse qui affirme de plus en plus sa défiance envers la classe politique institutionnelle et son refus d’attendre les mesures d’en haut. Face à cette dynamique d’une ampleur inédite, le gouvernement s’est à de nombreuses reprises retrouvé en difficulté. Pour tenter d’y remédier, Emmanuel Macron a profité de la formation d’un nouveau gouvernement pour affirmer en grande pompe opérer un “tournant écologique” dans sa politique. Moins d’un mois plus tard, la recomposition ministérielle tombe déjà ses fragiles tintes écologique en faiblissant devant n’importe quel lobby. Elle montre que [“l’écologie sans lutte des classes, c’est du jardinage“].

Source : REVOLUTIONPERMANENTE.FR – 6 août 2020

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