Mais où sont passés les moineaux ?

Moineau - Passer domesticus
Photo : Pixabay

Il n’y a pas si longtemps, ces oiseaux, les plus connus de toute l’Europe, peuplaient nos villes et nos campagnes. Leur nom scientifique : Passer domesticus, témoigne de la proximité de l’espèce avec les humains.

Ceux, qu’en patois local, on appelait “les mouchons” formaient des bandes piaillantes et effrontées,  dans nos cours d’écoles, dans les arbres de nos avenues, sur nos trottoirs et dans nos jardins. Reproducteurs infatigables, ils nichaient dans les anfractuosités des vieux murs, sous les tuiles, dans le lierre et autres plantes grimpantes de nos façades.

Pour se nourrir tout leu convenait : miettes de pains sur le bord des fenêtres, petits fruits, insectes et les restes de nos repas.

Pourquoi ont-ils, en quelques années, pratiquement disparu de nos villes, comme les hirondelles de nos fermes et les alouettes de nos champs ?

Ils n’ont pas été victimes des chasseurs, la nourriture ne leur fait pas défaut ni les lieux de nidifications.

On a vanté leur vitalité, leurs résistances aux épreuves et leur étonnante débrouillardise. Comment alors expliquer leur disparition ?

Compétition avec un autre oiseau qui l’aurait délogé de a niche écologique ? Empoisonnement sélectif organisé ? Modification radicale de son environnement ? Maladie contagieuse particulière à l’espèce ? Rien ne permet d’étayer une seule de ces hypothèses.

Que reste-t-il ? Quelle est la composante environnementale qui a été modifiée ? L’augmentation du trafic routier ? La qualité de l’air ? La qualité de leur nourriture ?

Personne n’a la réponse et ce peut être tout cela à la fois. Il n’en reste pas moins que cette disparition est, pour nous les humains, pour notre santé, un sujet d’inquiétude.

Voilà un animal qui vivait près de nous, qui respirait l’air que nous respirons, qui mangeait ce que nous mangeons et  il n’est plus là. Comment rester serein ?

Beaucoup diront que c’est encore un fantasme des écologistes, ces sentimentalistes attardés, ces nostalgiques du passé qui font passer les petits oiseaux avant les nécessités économiques.

Combien faudra-t-il d’études scientifiques, de statistiques et de discours universitaires pour qu’on comprenne enfin que la Nature est un Tout dont nous faisons partie,qu’avec les plantes et les animaux nous sommes tous sur le même bateau et que ce qui arrive aux moineaux peut arriver à l’espèce humaine.

Guy Lauwarier

 

 

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