Comines-Warneton (B) se penche sérieusement sur ses zones inondables

Le chantier de construction de la plateforme portuaire au Pont-Rouge inondé
Photo : Association Deûlémont Environnement

Jusqu’à fin octobre, une enquête publique diligentée par le Gouvernement wallon est en cours à Comines-Warneton. Elle concerne les zones soumises à l’aléa d’inondation. Dans la commune frontalière, elles ont parfois suscité quelques crispations, notamment dues à Clarebout Potatoes ou aux pratiques de certains exploitants agricoles.

“L’enquête publique tombe à pic, expose Philippe Mouton. En une vingtaine d’années, la donne a changé. Sur le territoire, il y a des zones non répertoriées comme soumises à l’aléa d’inondation alors qu’elles le sont devenues avec le temps.” L’échevin du territoire prend la situation très au sérieux depuis de nombreuses années. Conseiller communal de l’opposition jusqu’en octobre 2018, Philippe Mouton avait plusieurs fois interpellé la classe politique et les citoyens de Comines-Warneton à ce sujet. Aujourd’hui, l’enquête publique permet un nouvel état des lieux, beaucoup plus complet que le dernier.

Quelles sont les zones à risque dans l’entité de Comines-Warneton ? “Elles se situent à Houthem, aux alentours de Ploegsteert, le long de la Douve à Warneton et au nord de Ten-Brielen”, poursuit l’échevin cominois. Ces différents secteurs sont potentiellement menacés. Philippe Mouton aimerait une prise de conscience globale chez ces concitoyens. “Nous sommes déjà intervenus pour empêcher des gens de remblayer des zones inondables alors qu’ils sont parfaitement au courant de la situation de ces terres. Parfois, il faut faire des mises en demeure pour les arrêter, déplore-t-il. Nous devons aussi nous confronter à certains agriculteurs qui veulent rehausser leurs champs. Des manœuvres qu’ils effectuent parfois la nuit ou le week-end pour ne pas croiser d’agents constatateurs. Ça nous arrive environ une fois par semaine. Comines-Warneton reçoit aussi les ruisseaux venus de Flandre. Si un agriculteur néerlandophone comble la vallée de ce ruisseau avec des remblais, c’est nous qui trinquons.”

 

Clarebout, un cas à part

Autre dossier à gérer, le cas de l’usine Clarebout, dont la superficie est aujourd’hui très grande à Warneton (B). “Nous nous sommes battus pour imposer la construction de deux bassins d’orage. L’un près de la plateforme portuaire, l’autre du futur congélateur, rappelle l’échevin. Il y a même des problèmes d’inondations dans l’usine, tellement elle est vaste.”

Autant de changements qui nécessitent un nouvel état des lieux des zones à risque. Les refus de permis ne suffisent pas à limiter l’impact des crues soudaines. “Quand on sait que les grands convoyeurs de terre sont nos industriels et qu’il est plus facile d’avoir à disposition des engins lourds pour acheminer la terre d’un endroit à un autre, tout peut être fait plus vite et plus fort.”

Dans ce contexte où les inondations se multiplient (la dernière en date, c’était il y a quelques mois à la frontière linguistique près de Zandvoorde), la commune assure par le biais de son échevin qu’elle sera “plus sévère” à ce sujet.

Enquête publique jusqu’au 28 octobre

L’enquête publique a débuté le 14 septembre. Elle concerne donc l’évaluation et la gestion des risques d’inondation. Les projets de cartographie des zones soumises à l’aléa d’inondation ont été mis à jour et sont soumis, à la demande du Gouvernement wallon, à enquête publique. Celle-ci est en cours jusqu’au 28 octobre.

Le dossier peut être consulté à l’Hôtel de Ville, place Sainte-Anne ou sur le site internet enquetepublique-alea-inondation.wallonie.be. Tout intéressé peut formuler ses observations via l’outil cartographique prévu à cet effet mais également par mail et obtenir des explications techniques sur le projet auprès du SPW.

Antoine Pontrandolfi

Source : LA VOIX DU NORD – 1er octobre 2020


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