Écologie de façade. Le gouvernement réintroduit les insecticides tueurs d’abeilles

Epandage pesticides néonicotinoïdes fongicides
Photo : Pixabay

Sous la pression des lobbys de cultivateurs de betteraves qui font face à une épidémie de jaunisse virale, le gouvernement a décidé de ré-autoriser un insecticide néonicotinoïde “tueurs d’abeilles”. Une décision qui dévoile la nature de ce gouvernement qui prétendait opérer un tournant écologique il y a un peu moins d’un mois.

Véhiculée par des pucerons verts, les champs agro-industriels de betteraves sont touchés depuis le début de cet été par une épidémie viral de jaunisse qui peuvent entraîner des baisses de rendement de 30 à 50%. Face à cette épidémie, le puissant syndicat des cultivateurs de betteraves affilié à la FNSEA a obtenu la dérogation pour de nouveau épandre des insecticides dits “tueurs d’abeilles” interdit depuis septembre 2018 pour protéger les abeilles pollinisatrices. La France étant le premier producteur de sucre en Europe grâce à la betterave sucrière ; la puissante filière agro-industrielle dont les profits se comptent en milliards d’euros par an, craint pour la production de cette année.

Poursuivre la lecture

Agriculture. Une étude confirme le lien entre cancer et pesticides

Pollution par les epandages de presticides

L’étude AgriCan (agriculture et cancer), qui vient d’être actualisée, confirme le lien entre certains cancers (prostate, myélome1 et lymphome2) chez les agriculteurs et l’utilisation de produits phytosanitaires.

Les agriculteurs développent un risque professionnel de cancers liés à l’utilisation de pesticides.” Le constat du docteur Pierre Lebailly, chercheur épidémiologiste (Unité Inserm, Centre François Baclesse) n’est pas nouveau mais le scientifique rappelle que la situation ne s’est pas améliorée depuis le précédent point d’étape de la cohorte AgriCan (agriculture et cancer) en 2014.

Cette étude lancée en 2005 par la Mutualité sociale agricole (MSA) vise à établir les liens entre cancers et activités agricoles. Elle est menée, dans onze départements, auprès de 181 842 personnes affiliées à la MSA (chef d’exploitations mais aussi conjoint, saisonniers, salariés). Il s’agit de la plus grande cohorte au monde. L’enquête vient d’être réactualisée (2014-2019).

Poursuivre la lecture

Programme wallon de réduction des pesticides : l’échec annoncé

Pollution par les epandages de presticides
En Belgique, les ventes de pesticides varient légèrement chaque année mais n’ont plus diminué depuis 2010, ressort-il d’une enquête à paraître lundi 6 juillet dans le deuxième numéro de Tchak! – La revue paysanne et citoyenne qui tranche. 

La Belgique reste aussi parmi les plus gros consommateurs européens de produits phytopharmaceutiques : 4,9 kilos de substances actives en moyenne par hectare de surface agricole en 2017, contre 2,5 en France, d’après les calculs du Bureau fédéral du plan. Pourtant, des plans de réduction ont été adoptés à tous les niveaux de pouvoir.
L’enquête de Tchak! s’est penchée particulièrement sur le Programme wallon de réduction des pesticides. Tout porte à croire que son volet agricole sera un échec, affirme le magazine trimestriel, qui a récolté les témoignages de dizaines d’acteurs mobilisés par sa mise en oeuvre. Les moyens humains font largement défaut pour assurer le suivi. Au sein de l’administration, on attend depuis 2012 l’engagement de deux personnes.

La Belgique reste aussi parmi les plus gros consommateurs européens de produits phytopharmaceutiques : 4,9 kilos de substances actives en moyenne par hectare de surface agricole en 2017, contre 2,5 en France

Poursuivre la lecture

3600 scientifiques interpellent la “désastreuse” politique agricole européenne

Pollution par les epandages de presticides

3600 scientifiques, dont 137 Belges demandent aux institutions européennes d’améliorer “drastiquement” la proposition pour la Politique Agricole Commune afin qu’elle “cesse de nuire à l’environnement”. Leur constat est sans appel. Pour eux, la PAC, telle que proposée actuellement, voit ses ambitions environnementales diluées et risque de mettre en danger le Pacte Vert pour l’Europe.

Une déclaration qui intervient au moment même où le budget européen 2021-2027 est en cours négociation, y compris la part qui devrait être allouée à la PAC et à quelles conditions.

Dépenser l’argent des contribuables dans une agriculture respectueuse de la planète.

Sécurité alimentaire, protection de la biodiversité et atténuation du changement climatique, les signataires proposent dix actions urgentes pour “inverser les processus destructeurs en cours et permettre de dépenser l’argent des contribuables dans une agriculture respectueuse de la planète”. Il est question de 60 milliards d’euros annuels (l’ensemble des subsides aux institutions européennes) dont 40% constituent le budget de la PAC. “L’argent public ne devrait financer que des pratiques agricoles qui respectent l’environnement”, concluent les signataires.
Poursuivre la lecture

Insecticides : l’arrêté wallon interdisant l’usage des néonicotinoïdes est annulé

Abeille en train de butiner
Photo : edmondlafoto | Pixabay

Le Conseil d’Etat a annulé l’arrêté wallon de mars 2018 qui interdit l’usage des néonicotinoïdes, ont annoncé lundi les fédérations Phytofar et Bioplus-Probois. L’arrêt se fonde sur le non-respect des compétences régionales.

Les néonicotinoïdes sont une classe d’insecticides souvent mis en cause dans la mortalité des abeilles. Ils sont notamment utilisés dans la culture de la betterave. Le texte wallon suit une résolution votée en novembre 2017 par le parlement wallon. L’interdiction générale de ces produits sur le territoire de la Région alors même qu’ils auraient été autorisés par les autorités fédérales mettait à mal le principe de loyauté fédérale, selon les deux fédérations.

Phytofar, Bioplus ainsi que les entreprises de produits phytosanitaires Bayer et Certis ont introduit un recours au Conseil d’Etat contre l’arrêté. Jeudi, la Haute juridiction leur a donné raison.

Poursuivre la lecture

Non, les pesticides ne sont pas nécessaires pour nourrir la planète

Un rapport rédigé par des experts de l’ONU alarme sur les conséquences de l’usage des pesticides. Ces chercheurs souhaitent l’élaboration d’un traité mondial contraignant et promeuvent “l’agroécologie“.

Pollution par les epandages de presticides
Photo : Pixabay

C’est un marché qui pèse 50 milliards de dollars par an (47 milliards d’euros) que l’industrie ne veut surtout pas lâcher, au point de véhiculer un “mythe” : les pesticides sont essentiels à la sécurité alimentaire d’une population mondiale qui devrait passer de 7 milliards aujourd’hui à 9 milliards en 2050. C’est totalement faux, démonte un rapport présenté le 8 mars au conseil des droits de l’homme des Nations unies qui accuse les multinationales (Syngenta, Monsanto, Bayer…) de nier les risques sanitaires et environnementaux liés à l’usage de ces produits toxiques. Pour vendre toujours plus de pesticides, ces grands groupes se battent contre toutes restrictions ou limitations d’usage via des campagnes de lobbying auprès des gouvernements nationaux et des “stratégies marketings agressives et contraires à l’éthique“.
Poursuibre la lecture

Mythes et mensonges de l’agro-industrie pour bloquer la transition agricole

On utilise de moins en moins de pesticides ? Le bio, incapable de nourrir 10 milliards d’humains ? Les agriculteurs, responsables du désastre écologique ? Alors que la transition agricole est désormais une urgence, le discours bien rôdé de l’agro-industrie rend bien souvent inaudibles les arguments en faveur de modèles de production vraiment durables et efficaces. Voici le “Top 10” de ces arguments mensongers, et comment y répondre.

Des doses réglementaires de fongicides dans l’eau exacerbent les marqueurs d’Alzheimer

Mythe 1 – “Les pesticides font l’objet de tests scrupuleux, ceux qui sont autorisés ne sont pas toxiques”

Nombre de pesticides ont été autorisés, avant d’être retirés du marché, des années ou des décennies plus tard, quand leurs dégâts sur l’environnement ou la santé humaine sont devenus irréfutables. Ces retraits démontrent que les évaluations réalisées en amont de leur commercialisation sont insuffisantes ou inadaptées. Elles reposent en outre sur des données fournies par les industriels eux-mêmes.
> Lire la suite
Poursuivre la lecture

Voici une simple question posée par rapport, non pas aux agriculteurs mais bien certains irrespectueux entrepreneurs agricoles

Pollution par les epandages de presticides

Par Martin Windels
11 mars 2020

QUESTION
Pouvez-vous répondre ou me donner une piste afin de m’orienter ?
Lorsque un champ est pulvérisé
1) une distance minimum est-elle imposée ?
2) Si oui, quelle est cette distance et par rapport à quoi (limite de propriété, espace habité…) ?

REPONSE : bref, incontrôlable. Et c’est pas moi qui ferais confiance à ces irrespectueux

Depuis le 1er janvier 2019, il y a une obligation d’utiliser un système anti-dérive de minimum 50 %.

La largeur des zones tampons à respecter est indiquée sur les étiquettes des produits phyto, elle varie donc en fonction des produits. Les buses anti-dérive permette de réduire la largeur de ces bandes.

Cependant, des zones tampons de minimum 6 mètres sont obligatoires à proximité des eaux de surfaces.

Poursuivre la lecture

Des doses réglementaires de fongicides dans l’eau exacerbent les marqueurs d’Alzheimer

Des doses réglementaires de fongicides dans l’eau exacerbent les marqueurs d’Alzheimer

Notre environnement est contaminé par de multiples résidus de pesticides dont l’impact à long terme sur la santé des populations est sujet à débats et inquiétudes. Afin de mimer cette exposition chronique à bas bruit, les chercheurs ont traité des souris transgéniques, modèle de la maladie d’Alzheimer avec un cocktail de composés antifongiques, à la dose réglementaire de 0.1 μg/L, présents dans l’eau de boisson. Les résultats, publiés dans la revue Environmental Health Perspectives, montrent que l’exposition chronique aux fongicides, même à de très faibles doses, exacerbe les marqueurs de la maladie d’Alzheimer tels que les dépôts amyloïdes et l’inflammation.

L’emploi massif de pesticides entraîne une pollution de tous les milieux (air, eaux, sols) et une contamination des denrées alimentaires par de multiples résidus. Il est difficile de déterminer les effets à long terme sur la santé humaine de l’exposition chronique à ces multiples résidus, c’est pourquoi il est important de mimer cette contamination silencieuse dans des modèles animaux. Le vaste choix de molécules présentes sur le marché allié à la multiplicité des combinaisons de résidus de pesticides peut vite compliquer la tâche. Cependant, une famille de composés antifongiques de la classe des anilinopyrimidines a particulièrement retenu l’attention des chercheurs étant donné la fréquence des résidus de cyprodinil, de mepanipyrim et de pyrimethanil retrouvés dans l’alimentation des français (Etude ANSES TDS2, 2011) et leur environnement.

Poursuivre la lecture

Lettre ouverte aux agriculteurs de Comines-Warneton

Warneton, le 2 mars 2020

Cette lettre a pour but de dissiper un malentendu.
Depuis 1970 un climat de méfiance et parfois d’agressivité oppose les agriculteurs et les défenseurs de la Nature et de l’Environnement.
Nous croyons qu’il s’agit, en fait, d’une incompréhension réciproque.
Soyons clairs. Les agriculteurs souffrent actuellement d’un manque de considération. Ils pensent qu’on les accusent d’empoisonner les hommes et la Nature entière et en même temps ils voient leurs revenus diminuer, leurs dettes s’alourdir  et la survie de leurs exploitations être menacées.
Et pourtant, la majorité des gens affirment les respecter et reconnaît leur rôle dans la société. Sans les agriculteurs l’humanité ne pourrait se nourrir.
Que s’est-il donc passé depuis 1970 ? Des scientifiques ont découvert une nouvelle science : l’Ecologie. Très vite, il sont mis en évidence des rapports et des équilibres entre le sol, l’eau, l’air et les êtres vivants.
De cette étude s’est dégagée une constatation : l’Humanité doit se remettre en question ; si on continue comme cela on va droit dans le mur !
50 ans plus tard, tout ce confirme : le réchauffement climatique, la disparition des espèces, la dégradation de l’air, des sols, des rivières et des océans.
Il faut changer notre mode de vie, diminuer nos rejets de CO2, réduire les transports, préférer les circuits courts, le biodégradable et réduire notre consommation énergétique.
Et, bien entendu, l’agriculture ne peut échapper à cette révolution. Elle aussi doit respecter les équilibres, elle aussi doit revoir ses pratiques, elle aussi doit savoir se remettre en question.
Nous savons que ce n’est pas facile, les habitude sont tenaces. On vous a fait croire pendant 50 ans que le progrès c’étaient des machines de plus en plus lourdes et coûteuses et des produits phytosanitaires de plus en plus performants. Et nous ne parlons pas de l’artificialisation des terres agricoles par l’IEG qui ampute la surface de vos exploitations pour créer de nouveaux zonings….
Et puis, à l’époque, il fallait nourrir une population en pleine expansion.
Aujourd’hui, les besoins ne sont plus les mêmes, la qualité est préférée à la quantité, les légumes à la viande et les produits naturels à l’aliment industriel.
Une agro-transition s’impose mais nous ne voulons pas qu’elle se fasse au détriment des agriculteurs.

Poursuivre la lecture