Corona et une mauvaise récolte posent problème aux producteurs de pommes de terre: les prix chutent de 110 euros à 30 euros la tonne

Pommes de terre
Photo : Pixabay

Traduit du néerlandais par P. M.

Les producteurs de pommes de terre ont peu de raisons d’être optimistes. Les prix payés par l’industrie de la frite restent bas. Et maintenant, il y a aussi une mauvaise récolte, ce qui signifie que moins de pommes de terre peuvent être vendues aux chaînes de supermarchés et à d’autres commerçants. Les prix ont chuté de 110 euros à 30 euros la tonne.

Les producteurs de pommes de terre tirent en grande partie leurs revenus de deux sources. D’une part des pommes de terre qu’ils vendent à l’industrie, qui les transforme en chips (surgelées) et en produits de pommes de terre pour la restauration (les pommes de terre frites). Et d’autre part des pommes de terre qu’ils vendent aux chaînes de supermarchés et aux détaillants.

Le confinement tue la demande et les prix

Les prix qu’ils obtiennent de l’industrie sont bas depuis longtemps. Cela est principalement dû au virus corona et au confinement qui a eu lieu. En raison de ce confinement, les établissements de restauration ont été fermés pendant longtemps et plus aucun événement n’a été organisé. En conséquence, la demande de frites industrielles (surgelées) a chuté et l’industrie de la transformation des pommes de terre s’est retrouvée avec des excédents.

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Comines-Warneton (B) se penche sérieusement sur ses zones inondables

Le chantier de construction de la plateforme portuaire au Pont-Rouge inondé
Photo : Association Deûlémont Environnement

Jusqu’à fin octobre, une enquête publique diligentée par le Gouvernement wallon est en cours à Comines-Warneton. Elle concerne les zones soumises à l’aléa d’inondation. Dans la commune frontalière, elles ont parfois suscité quelques crispations, notamment dues à Clarebout Potatoes ou aux pratiques de certains exploitants agricoles.

“L’enquête publique tombe à pic, expose Philippe Mouton. En une vingtaine d’années, la donne a changé. Sur le territoire, il y a des zones non répertoriées comme soumises à l’aléa d’inondation alors qu’elles le sont devenues avec le temps.” L’échevin du territoire prend la situation très au sérieux depuis de nombreuses années. Conseiller communal de l’opposition jusqu’en octobre 2018, Philippe Mouton avait plusieurs fois interpellé la classe politique et les citoyens de Comines-Warneton à ce sujet. Aujourd’hui, l’enquête publique permet un nouvel état des lieux, beaucoup plus complet que le dernier.

Quelles sont les zones à risque dans l’entité de Comines-Warneton ? “Elles se situent à Houthem, aux alentours de Ploegsteert, le long de la Douve à Warneton et au nord de Ten-Brielen”, poursuit l’échevin cominois. Ces différents secteurs sont potentiellement menacés. Philippe Mouton aimerait une prise de conscience globale chez ces concitoyens. “Nous sommes déjà intervenus pour empêcher des gens de remblayer des zones inondables alors qu’ils sont parfaitement au courant de la situation de ces terres. Parfois, il faut faire des mises en demeure pour les arrêter, déplore-t-il. Nous devons aussi nous confronter à certains agriculteurs qui veulent rehausser leurs champs. Des manœuvres qu’ils effectuent parfois la nuit ou le week-end pour ne pas croiser d’agents constatateurs. Ça nous arrive environ une fois par semaine. Comines-Warneton reçoit aussi les ruisseaux venus de Flandre. Si un agriculteur néerlandophone comble la vallée de ce ruisseau avec des remblais, c’est nous qui trinquons.”

 

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Lettre ouverte aux agriculteurs de Comines-Warneton

Warneton, le 2 mars 2020

Cette lettre a pour but de dissiper un malentendu.
Depuis 1970 un climat de méfiance et parfois d’agressivité oppose les agriculteurs et les défenseurs de la Nature et de l’Environnement.
Nous croyons qu’il s’agit, en fait, d’une incompréhension réciproque.
Soyons clairs. Les agriculteurs souffrent actuellement d’un manque de considération. Ils pensent qu’on les accusent d’empoisonner les hommes et la Nature entière et en même temps ils voient leurs revenus diminuer, leurs dettes s’alourdir  et la survie de leurs exploitations être menacées.
Et pourtant, la majorité des gens affirment les respecter et reconnaît leur rôle dans la société. Sans les agriculteurs l’humanité ne pourrait se nourrir.
Que s’est-il donc passé depuis 1970 ? Des scientifiques ont découvert une nouvelle science : l’Ecologie. Très vite, il sont mis en évidence des rapports et des équilibres entre le sol, l’eau, l’air et les êtres vivants.
De cette étude s’est dégagée une constatation : l’Humanité doit se remettre en question ; si on continue comme cela on va droit dans le mur !
50 ans plus tard, tout ce confirme : le réchauffement climatique, la disparition des espèces, la dégradation de l’air, des sols, des rivières et des océans.
Il faut changer notre mode de vie, diminuer nos rejets de CO2, réduire les transports, préférer les circuits courts, le biodégradable et réduire notre consommation énergétique.
Et, bien entendu, l’agriculture ne peut échapper à cette révolution. Elle aussi doit respecter les équilibres, elle aussi doit revoir ses pratiques, elle aussi doit savoir se remettre en question.
Nous savons que ce n’est pas facile, les habitude sont tenaces. On vous a fait croire pendant 50 ans que le progrès c’étaient des machines de plus en plus lourdes et coûteuses et des produits phytosanitaires de plus en plus performants. Et nous ne parlons pas de l’artificialisation des terres agricoles par l’IEG qui ampute la surface de vos exploitations pour créer de nouveaux zonings….
Et puis, à l’époque, il fallait nourrir une population en pleine expansion.
Aujourd’hui, les besoins ne sont plus les mêmes, la qualité est préférée à la quantité, les légumes à la viande et les produits naturels à l’aliment industriel.
Une agro-transition s’impose mais nous ne voulons pas qu’elle se fasse au détriment des agriculteurs.

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