Coronavirus : les humains doivent cesser de “mépriser” la nature, alerte l’anthropologue Jane Goodall

Alors qu’un nouveau documentaire produit par National Geographic lui est consacré, la célèbre primatologue, éthologue et anthropologue appelle l’humanité à tirer les leçons de ses erreurs.

Jane Goodall
Photo : https://transform.iema.net/

C’est le “mépris” de notre environnement qui est à l’origine de la crise du Covid-19, estime Jane Goodall, 86 ans, célèbre scientifique britannique qui a consacré sa vie à la défense des animaux – notamment les chimpanzés – et de l’environnement.

Pour la primatologue, éthologue et anthropologue, le moment est venu d’apprendre de nos erreurs et de tenter d’éviter de futures catastrophes, plaide-t-elle dans un entretien accordé à l’Agence France Presse (AFP), à l’occasion de la sortie prochaine d’un nouveau documentaire produit par National Geographic, Jane, un message d’espoir.

Comment percevez-vous cette pandémie ?

Jane Goodall : C’est notre mépris pour la nature et notre manque de respect pour les animaux avec lesquels nous devrions partager la planète qui ont causé cette pandémie, qui avait été prédite de longue date. Car à mesure que nous détruisons, par exemple la forêt, les différentes espèces d’animaux qui l’habitent sont poussées en proximité forcée et des maladies passent d’un animal à un autre, et un de ces animaux, rapproché par force des humains, va probablement les infecter.

Ce sont aussi les animaux sauvages chassés, vendus sur des marchés en Afrique ou en Asie, notamment en Chine, et nos élevages intensifs où nous parquons cruellement des milliards d’animaux, ce sont ces conditions qui donnent l’occasion aux virus de faire le saut entre les espèces vers les humains.

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Plus de 250 scientifiques appellent à repenser d’urgence notre mode de développement

Une opinion signée par plus de 250 scientifiques (Voir la liste des signataires).

New York est devenue le nouvel épicentre de la pandémie mondiale du Covid-19. Une ville morte, perturbée seulement par le bruit du va-et-vient des ambulances. Mais c’est à New York aussi que, il y a moins de cinq ans, les chefs d’État et de gouvernement, réunis au siège de l’Organisation des Nations Unies, s’engageaient sur une nouvelle feuille de route pour l’humanité, en adoptant 17 Objectifs de développement durable à atteindre à l’horizon 2030.

New York devient ainsi la ville symbole de cet écart entre la réponse immédiate à l’urgence, l’ici et le maintenant, et la capacité de projection et d’engagement, à l’échelle de la planète, pour un avenir durable à long terme. Nous pensons que cet écart est dangereux. Nous invitons chacune et chacun à chercher comment les mesures prises dans l’immédiat en réponse à la crise peuvent contribuer à préparer cet avenir vivable pour toutes et tous — à “Transformer notre monde”, comme nous y invite l’Agenda de développement durable à l’horizon 2030.

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Après la pandémie

Après la pandémie

Chute du mur de Berlin en 1989, attaque sur les tours du World Trade Centre en 2001, explosion de la bulle des subprimes et panique financière en 2008, et à présent la pandémie du Covid-19… Tous les dix ans à peu près, des bouleversements systémiques nous conduisent à interroger notre représentation du monde, notre idée de la flèche du temps, la signification même que nous attachons aux mots de « progrès » ou de « développement ».

La crise est sanitaire. Elle a déjà débouché sur une crise financière. Elle annonce une crise économique majeure, avec des fermetures d’entreprises en chaîne, une augmentation brutale du chômage, et une mise à l’épreuve des systèmes de protection sociale dans toutes les régions du monde.

Notre devoir aujourd’hui est de savoir lire, dans ces crises, la possibilité d’une refondation de notre vivre ensemble autour de valeurs fortes, positives et partagées, en adéquation avec les limites planétaires.

C’est notre dernière chance. Depuis quarante ans, les inégalités se sont creusées presque partout. Nous sommes témoins de la sixième extinction massive des espèces, d’une dramatique dégradation des sols, et d’une accumulation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère qui transforment peu à peu la Terre en étuve. Les phénomènes météorologiques extrêmes vont se multiplier, avec des impacts importants notamment sur la production alimentaire. Les migrations forcées de population vont augmenter en conséquence : le nombre de réfugiés climatiques pourrait s’élever en 2050 à 140 millions (selon la Banque mondiale), voire 200 millions (selon l’Organisation des Nations Unies).
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