Que faire en cas de pollution d’un cours d’eau ?

Rejet d'effluents industriels polluants dans la Lys
Rejet d’effluents industriels polluant la Lys par l’usine Clarebout de Warneton le 14/09/2018 à 8h35 (Photo : Denis Viaene)

Une pollution est une altération de la composition de l’eau de la rivière. Suivant sa nature, elle peut être bénigne ou grave, temporaire ou durable, visible ou invisible. Dans tous les cas, elle affectera l’équilibre écologique du cours d’eau, son écosystème et parfois la santé humaine. Pour éviter que le problème ne prenne trop d’ampleur, il convient de réagir vite.

La constatation de la pollution

De nombreux indices permettent de détecter une pollution:

      • odeur ;
      • couleur ;
      • irisations1 à la surface;
      • mousse;
      • poissons ou autres animaux morts ;
      • présence de déchets ou de matières flottantes.

L’alerte

Plusieurs entités sont à contacter :

      • les pompiers qui veilleront à contenir la pollution (barrages, pompage, absorption2) ;
      • la Police de l’Environnement (DPC de Mons) qui se chargera de constater officiellement la pollution et de mener une enquête.

Si vous n’arrivez pas à contacter ces services n’hésitez pas à solliciter les agents constatateurs environnementaux, la Police ou le bourgmestre de la commune.

Des informations essentielles doivent être transmises :

      •  le lieu de la pollution (point de début et point de fin);
      • l’origine si celle-ci est visible;
      • l’aspect de la pollution (couleur, odeur, etc.);
      • les conséquences visibles (ex: mortalité de poissons);
      • les mesures de première urgence éventuellement prises ;
      • votre identité et le moyen de vous joindre.

Les premières mesures

Si vous êtes témoin d’une pollution, après avoir donné l’alerte aux services compétents, vous pouvez prendre quelques mesures simples :

      • limiter l’accès du public à la zone pour réduire:
      • les risques potentiels d’intoxication
      • les risques d’incendie et d’explosion
      • identifier le début de la zone polluée;
      • ne touchez pas l’eau ou les poissons morts ;
      • ne pénétrez pas sur des sites privés interdits au public.

Tous responsables !

Signaler une pollution accidentelle est un devoir civique au même titre que venir en aide à une personne en danger.
Selon le livre II du Code de l’environnement constituant le Code le l’Eau,
Article 1 §1 : ” L’eau fait partie du patrimoine commun de la région wallonne. Le cycle de l’eau est géré de façon globale et intégrée, dans le constant souci d’assurer à la fois la qualité et la pérennité de la ressource, dans le cadre d’un développement durable.”
Article 1 §2 : ” La politique de l’eau en Région wallonne a pour objectifs :

      1. de prévenir toute dégradation supplémentaire, de préserver et d’améliorer l’état des écosystèmes aquatiques ainsi que, en ce qui concerne leurs besoins en eau, des écosystèmes terrestres et des zones humides qui en dépendent directement;
      2. de promouvoir une utilisation durable de l’eau, fondée sur la protection à long terme des ressources en eau disponibles;
      3. de viser à renforcer la protection de l’environnement aquatique ainsi qu’à l’améliorer, notamment par des mesures spécifiques conçues pour réduire progressivement les rejets, émissions et pertes de substances prioritaires, et pour arrêter ou supprimer progressivement les rejets, émissions et pertes de substances dangereuses prioritaires;
      4. d’assurer la réduction progressive de la pollution des eaux souterraines et des eaux de surface et de prévenir l’aggravation de leur pollution;
      5. de contribuer à atténuer les effets des inondations et des sécheresses;
      6. de protéger la santé des personnes des effets néfastes de la contamination des eaux destinées à la consommation humaine en garantissant la salubrité et la propreté de celles-ci, et ce, conformément à la directive du Conseil des Communautés n° 98/83/C.E. du 3 novembre 1998 relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine.
        Mais prévenir pour protéger n’est pas accuser. Seule une enquête officielle menée par les autorités compétentes pourra déterminer les causes de la pollution et les responsabilités engagées.
Note :
– Irisations : apparition de reflets aux couleurs de l’arc-en-ciel à la surface de l’eau. Ces irisations sont fréquemment visibles lors de fuites d’essence ou de fioul.
– Absorption: technique de dépollution permettant de fixer une partie de la pollution sur un matériau « éponge » qui sera ensuite spécifiquement éliminé.

L’alerte sécheresse dans le Nord de la France

Même quand il pleut, les réserves en eau restent FRAGILES dans le Nord.

Le Nord connaît depuis 2017 des déficits pluviométriques importants qui ont conduit, en 2017 et 2018, à des mesures de restrictions.
L’hiver 2018-2019 a présenté un déficit pluviométrique de 20% par rapport à la normale. Il n’a donc pas été suffisamment pluvieux pour permettre aux nappes phréatiques de revenir à leur niveau normal au début du printemps. Ainsi notre département enregistre, par endroit, un niveau historiquement bas et les éventuels événements pluvieux ou orageux ne sont pas de nature à améliorer rapidement la situation.


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Pollution de l’eau : eutrophisation des écosystèmes aquatiques

L’eutrophisation des rivières résulte de la prolifération d’algues vertes qui consomment tout l’oxygène nécessaire à la vie de l’écosystème.

L’eutrophisation est le phénomène d’asphyxie des écosystèmes aquatiques résultant de la prolifération d’algues, qui consomment tout l’oxygène nécessaire à la vie de l’écosystème.
Ce phénomène résulte d’un apport trop riche de substances nutritives dans la rivière ou dans le lac concerné.

Cette pollution de l’eau est principalement due au phosphore (contenu dans les phosphates, présents dans les lessives notamment) et à l’azote (contenu dans l’ammonium et les nitrates présents dans les engrais).

Les algues qui se développent grâce à ces substances nutritives absorbent de grandes quantités d’oxygène lorsqu’elles meurent et se décomposent.
Leur prolifération provoque l’appauvrissement, puis la mort de l’écosystème aquatique présent : il ne bénéficie plus de l’oxygène nécessaire pour vivre.

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